Conférence « Le cancer : de la théorie à la pratique »

A l’occasion de la journée internationale de la Francophonie, l’Association des boursiers de l’AUF (ABUF) organise une conférence sur le thème : "Le cancer : de la théorie à la pratique" le 11 mars 2010 à 18h30.

Interventions

4E-BP1 : une nouvelle cible pour traiter le cancer pancréatique

Dr. Rania AZAR, Pharm.D., Ph.D. Professeur Associé, Université Libanaise, Faculté de Santé Publique et Faculté de Pharmacie.

Le cancer du pancréas, bien que rare avec une incidence de 5 à 10/100 000 habitants par an, est la 5ème cause de mortalité par cancer. Les signes cliniques étant peu évocateurs, le diagnostic est difficile à réaliser et la survie des patients à 5 ans n’excède pas 3 %.

C’est probablement à l’échelle cellulaire et moléculaire que se trouvent les clés qui permettront de proposer un traitement efficace. Ainsi, les efforts de recherche portent actuellement sur la compréhension des mécanismes moléculaires de la transformation maligne des cellules pancréatiques. Dans ce contexte, nous nous sommes intéressés à étudier l’implication de l’inhibiteur de la traduction protéique 4E-BP1 dans la tumorigenèse pancréatique. Nos travaux ont montré qu’au cours de ce processus, 4E-BP1 présente un profil d’expression biphasique avec une augmentation d’expression dans les stades prénéoplasiques par activation des voies pro-inflammatoires, suivie d’une perte d’expression dans les stades plus agressifs par délétion génétique des effecteurs de ces voies. De plus, nous avons démontré que la perte d’expression de 4E-BP1 facilite l’expression de protéines oncogéniques, la prolifération cellulaire et la progression tumorale après xénogreffes chez les souris nudes.

En conclusion, nos données pourraient justifier l’utilisation des analogues structuraux chimiques de 4E-BP1 pour traiter le cancer du pancréas. Toutefois, leur efficacité reste à valider malgré des résultats motivant observés sur des cellules cancéreuses ovariennes, mammaires et prostatiques.

Les anti-angiogéniques : une approche anticancéreuse émergente

Dr. Racha KARAKY, Pharm.D., Ph.D. Maître de conférences, Université Libanaise, Faculté d’Agronomie.

L’angiogenèse est le processus par lequel de nouveaux vaisseaux sanguins sont formés à partir de vaisseaux préexistants. C’est un processus fondamental qui se déroule durant le développement embryonnaire et le développement postnatal.

Chez l’adulte, l’angiogenèse se limite à quelques conditions physiologiques (menstruations, grossesse) et à un grand nombre de pathologies, en particulier, le cancer. A la suite des travaux pionniers de Judah Folkman, il est maintenant largement admis que l’angiogenèse est indispensable à la croissance tumorale d’où le développement de molécules anti-angiogéniques comme approche anticancéreuse. La découverte de facteurs régulant l’angiogenèse et des mécanismes moléculaires qui les régissent a permis l’identification de nombreuses cibles thérapeutiques pour le traitement des cancers. De nombreux groupes dans le monde recherchent activement des molécules anti-angiogéniques. L’Heparin Affin Regulatory Peptide ou HARP, encore appelée Pléiotrophine, est un facteur de croissance impliqué dans la croissance et l’angiogenèse tumorales. Nos travaux qui ont porté sur la caractérisation des activités anti-tumorale et anti-angiogénique de molécules anti-HARP seront présentés. Trente trois ans après la publication de l’hypothèse de Folkman en 1971, le premier médicament anti-angiogénique a reçu l’autorisation de mise sur le marché. Actuellement, de nombreux protocoles utilisés dans le traitement des cancers comportent des molécules anti-angiogéniques. Néanmoins, les résultats cliniques et des données précliniques récentes sont venus modérer l’enthousiasme généré par la thérapie anti-angiogénique.

En conclusion, la thérapie anti-angiogénique a prouvé son efficacité et décroché sa place dans la thérapie anticancéreuse. Toutefois, la compréhension des mécanismes impliqués dans la résistance des cellules tumorales à cette thérapie est nécessaire afin d’optimiser son utilisation dans le but ultime d’éradiquer les cellules cancéreuses.

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